Des tombes condamnées à disparaitre dans le Bocage

De nombreuses procédures de reprise sont actuellement en cours.
De nombreuses communes sont amenées à prendre des dispositions pour ôter les tombes abandonnées des cimetières. C’est le cas à Pont-Farcy où la procédure administrative arrive à son terme. Un habitant pourtant tente de les sauver et lance un appel.
Depuis une quinzaine d’années, Henri Letellier fait des recherches personnelles sur Pont Farcy. L’histoire, la petite histoire de ceux qui ont marqué le pays de près ou de loin. Tout intéresse Henri Letellier qui y consacre la totalité de son temps de retraité et amasse ainsi une quantité importante de documents, textes ou photos.
L’homme ne pouvait donc pas rester insensible à la procédure engagée en 2007 par la municipalité afin d’améliorer le cimetière. En effet, comme l’y autorise la loi, la commune a décidé de reprendre les concessions les plus anciennes à condition bien évidemment que personne ne se manifeste pour les entretenir. Pour ce faire, elle a notamment apposé sur les tombes des petits panneaux pour prévenir qu’une opération de reprise était en place. Un bon moyen pour constater de façon publique l’état d’abandon de certaines tombes.
Mais Henri Letellier n’est pas resté indifférent à l’idée que certaines sépultures même très anciennes pouvaient totalement disparaître. Pour lui, « c’est l’histoire du pays qui disparaît avec elle ». Et pour mieux illustrer son propos, il revient sur certaines histoires, celle de Marie Briquet par exemple. D’une tombe dans un cimetière, l’homme a réussi a retrouvé un membre de la famille de cette dame et tente de reconstitué le puzzle de son histoire passée, intimement liée avec celle de Pont Farcy.
Un appel est lancé
Aujourd’hui, c’est la tombe de la famille Pierre qui attire son attention. Pourquoi ? Il ne saurait l’expliquer et pourtant, ses recherches vont bon train. Il lance même un appel à tous ceux qui pourrait avoir connaissance d’un éventuel descendant. Quatre membres de cette famille ont été victimes du bombardement à Aunay-sur-Odon en juin 44. Ces informations, il les tient du bulletin paroissial édité par l’abbé Brionne. Mais les renseignements sont imprécis et Henri Letellier se demande si cette famille Pierre n’aurait pas un lien avec la famille qui tenait la boulangerie du village. Il a une vieille photo du bourg sur laquelle figure le commerce au-dessus duquel se trouve ce nom de famille. Le mystère reste entier pour l’instant.
La procédure de reprise lancée par la commune devrait arriver à son terme très prochainement. Le retraité n’a plus beaucoup de temps pour sauver les tombes abandonnées. C’est pourquoi, il affirme que si d’autres personnes comme lui sont volontaires pour s’occuper des sépultures anciennes, il y aura peut-être un moyen pour les sauver.
L’appel est lancé.
I. I.


