Guy Degrenne est un emblème du bassin économique virois. Pour les touristes, la visite de l’usine du leader européen des couverts reste le passage obligatoire.
Couteaux, fourchettes et petites cuillères, plats, seaux à champagnes et autre carafes sont les symboles des arts de la table. De ces arts, les Français en sont de plus en plus friands et les marques ne sont pas passées à côté. Une d’elle a su tirer son couteau du jeu : la viroise Guy Degrenne.
Chars
« Ce n’est pas comme ça que vous réussirez dans la vie ! », prévenait le proviseur furieux au petit Guy Degrenne, dans la publicité de 1978. Quelle ironie ! Né le 3 août 1925 à Tinchebray, le futur entrepreneur rentre à l’Essec, une école de commerce parisienne dont il resort en 1946, après une scolarité sans nuages.
En 1948, il reprend l’usine de son père à Sourdeval et décide de démocratiser les couverts en acier inoxydable. Selon la légende, vraisemblable, les premières créations ont été réalisées à partir d’acier récupéré sur les chars de la Bataille de Normandie. L’homme au moral d’acier et à la volonté de fer réussi son pari. En 20 ans, les effectifs passent de 7 salariés à 500. Le déménagement à Vire est inévitable. Devenue grande, la petite entreprise familiale prend son envol : Limoge, la Hongrie et la Thaïlande deviennent ses nouveaux ports d’attache.
Étapes de fabrication
Une telle présentation sur l’histoire de Guy Degrenne introduit la visite des ateliers. Après ce retour aux origines, le visiteur pénètre dans l’inoxydable temple du couvert. Attention, secret industriel oblige les objectifs restent à couvert !
Dans l’atelier, un bruit assourdissant de machines saisi le visiteur, muni de casques pour pouvoir entendre les commentaires de la guide. Pendant 1 heure, il va déambuler entre toutes ces machines et découvrir les étapes de fabrication. À la sortie, forgeage, laminage, détourage, émérisage, trempage, estampage, polissage, marquage au laser, dorures et argentures n’ont plus de secret pour lui.
Il a pu découvrir les modèles de grands noms comme Christophe et Hermès, fabriqués ici. Il aura aperçu la production de produits industriels : bols Vorwerk, cafetière Krump…
« Cette visite est très intéressante. Le côté technique est bien animé, bien expliqué. Je suis heureusement surprise. Je verrais les couverts autrement », confie Hélène, une Lyonnaise rencontrée à l’issue d’une visite.
Mis à nus
Pour plaire aux curieux venus visiter les ateliers, les couverts se sont mis à nus. De toutes tailles et de toutes formes, ils ont participé à cette dégustation visuelle. Le droit lopin d’acier s’est métamorphosé en un couteau, sculpté et élégant et la gauche bande d’acier a engendré une fine et gracieuse fourchette.
Pour plaire à ses convives, Guy Degrenne n’y va pas avec le dos de la cuillère pour mettre les petits plats dans les grands !
Pratique : Visite des ateliers le mardi et le jeudi à 10 h et 14 h 30. Renseignements et réservations : 02 31 66 44 44. Tarifs : Adultes 3,50 euros, – 18 ans gratuit. Fermeture annuelle du 2 au 22 août.












