Le coopérative Au fil du Bio fête ses 5 ans
Société Coopérative : une alternative
Un pays qui ne sort pas de la crise économique. Des différences entre hauts et bas salaires qui n’ont jamais été aussi importantes. Des inégalités sociales qui suscitent une levée de boucliers dans la population, en témoignent les milliers de personnes qui descendent dans les rues en cette rentrée 2010 et qui n’est certainement pas à mettre sur l’unique compte de la réforme des retraites. À l’évidence, le salarié français n’envisage pas son avenir avec optimisme.
Mais quelles sont alors ses alternatives ? À Burcy, on en propose une : la Scop, ou Société Coopérative Ouvrière de Production. Si elle n’est évidemment pas synonyme de réussite à coup sûr, la Scop est en effet la structure qu’a choisie l’épicerie Au Fil du Bio pour se développer. Et pour eux, ça marche. Les associés veulent d’ailleurs marquer le coup en fêtant leur 5e anniversaire, du 5 au 10 novembre prochain.
Après une création classique en SARL fin 2002 sous l’enseigne Sapronat, Agnès Lévêque, Franck Delalande, Antoine Jeanne et Jérôme Talvat ont donc fondé la Scop Au Fil du Bio en 2005. « Le principe, c’est que nous sommes tous associés et salariés de l’entreprise, explique Jérôme. Nous avons apporté un capital à parts égales, en l’occurrence de quatre fois 2 500 €. Nous prenons aujourd’hui nos décisions à trois, Antoine ayant choisi d’arrêter. Lorsque des bénéfices ressortent, nous les redistribuons au tiers en investissement, au tiers en trésorerie et au tiers en dividendes donnés au prorata des horaires de travail. Nous touchons également un salaire fixe, équivalent pour tous mais calculé en fonction de l’âge ».
Et comme tout type de structure, elle a ses avantages et ses inconvénients. Selon Jérôme, « les salariés se sentent avant tout plus concernés, plus impliqués. De même, on est son propre chef, on est autonome dans son travail ». Cela étant, s’il doit en retirer un inconvénient, « c’est que ce n’est jamais simple d’être associés. Il faut arriver à s’entendre, pour nous ça se passe plutôt bien ». Mais lorsqu’on évolue dans un commerce à spécificité bio, Jérôme Talvat voit surtout dans la Scop un système qui correspond aux valeurs qu’il prône tout au long de l’année : « Un système éthique et solidaire, précise-t-il, dans le respect du travail. C’est une entreprise humaine avant tout ».
C’est ainsi qu’Au Fil du Bio s’est développé durant ces cinq années. D’un commerce spécialisé en jardinerie et fréquenté principalement par les agriculteurs locaux, il s’est ouvert sur l’alimentaire, la papeterie, les vêtements, les peintures naturelles ou les matériaux d’isolation, le tout estampillé « bio » évidemment. « On a voulu proposer un maximum de choses au même endroit, et la gamme de produits s’est étoffée petit à petit ». De fait, le magasin a vu sa fréquentation évoluer dans la bonne dynamique : « On profite d’un bon bouche-à-oreille, certains clients viennent de loin ». Pour autant, pas question de rester les deux pieds dans le même sabot après cinq années d’activité. Pour eux, le magasin doit toujours être un lieu vivant. Leur objectif : augmenter encore le nombre de références, et cela sous le label « Nature et Progrès », plus engagé et plus strict que le label AB.
« On propose aujourd’hui un service assez complet, remarque Jérôme Talvat. Mais à l’image d’une Scop, on ne cherche pas la lune, on veut juste en vivre correctement ». Il n’hésite pas à citer Gandhi pour appuyer ses propos : « Vivre tous simplement pour que tous puissent simplement vivre ».
√ 5e anniversaire d’Au Fil du Bio : du 5 au 10 novembre au Biopôle de Burcy. Remises sur les vêtements en coton bio, sur la gamme décoration, sur toute l’alimentation, la jardinerie, les produits d’hygiène et cosmétiques.
Ouvert le lundi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h, du mardi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 19 h, le samedi de 10 h à 18 h sans interruption. Tel : 02 31 68 61 18 – www.aufildubio.fr

Jérôme Talvat, l'une des trois associés de la Scop.



Il a réagi