Vieux Moulin des Templiers cherche mécènes
Pour sauvegarder le Moulin de la Flagère à Le Tourneur

Alain Ballon face au travail considérable pour rénover le moulin.
La survie du Moulin à eau de la Flagère, c’est avant tout une histoire sentimentale, une histoire de famille. Même s’ils vivent aujourd’hui à Argences, Liliane et Alain Ballon n’ont pas oublié leur village d’enfance, Saint-Martin-des-Besaces, non loin du Tourneur. Et encore moins le vieux moulin de leur jeunesse. Alain se rappelle encore y jouer quand il était gamin, Liliane quant à elle, ses grands-parents et ses parents ont tout simplement habité les lieux de 1942 à 1949.
Alors il y a un an, lorsqu’ils ont su que leur vieux moulin, en bien triste état, était voué à la destruction, ils n’ont pas hésité à le racheter, sur un coup de cœur. « Nous n’avons pas résisté au fait de tout mettre en œuvre pour que sa présence dans le paysage puisse rester une réalité, malgré nos faibles moyens financiers », confie Alain Ballon.
Et au-delà de l’aspect affectif, c’est aussi en tant que passionnés d’histoire que Liliane et Alain veulent sauver leur moulin : « Après de longues recherches aux archives départementales, j’ai pu retrouver son histoire qui n’est pas banale, de sa construction au XIIe siècle par les Templiers jusqu’à la Seconde guerre mondiale, continue Alain. Ce serait merveilleux qu’il puisse un jour reprendre sa fonction initiale et que les générations suivantes puissent savoir ce que c’était un moulin et le travail d’un meunier ».
Un travail titanesque à accomplir
Mais pour réhabiliter ce patrimoine, véritable témoin de l’histoire du Bocage (lire encadré), de gros travaux sont en effet à entreprendre. Le temps a fait son œuvre : il faudra remonter les murs tombés, refaire la toiture détruite lors d’une tempête il y a 25 ans, ainsi que les deux roues à eau en bois qui n’ont pas elles non plus résisté au temps. « La passion fait quelquefois oublier la dure réalité des choses à laquelle il va falloir faire face. Après contacts auprès d’entreprises, il s’est avéré que cette restauration sera plus importante que nous l’avions pensé, et la disposition d’argent va être primordiale pour voir aboutir un tel projet, malgré notre implication manuelle sur les différents corps de métiers ».
Le couple Ballon fait donc appel à des mécènes qui pourraient les aider financièrement ou matériellement. Ils viennent d’ailleurs de créer une association, « Les amis du Moulin de la Flagère » avec l’objectif « que ce projet de sauvegarde un peu fou retienne l’attention et puisse se concrétiser. Un travail titanesque nous attend, c’est vrai, mais c’est pour que ce moulin ne soit pas purement et simplement rayer de la carte. C’est une pierre à l’édifice à reconstruire pour le transmettre à nos enfants ».
Benoit MALEPLATE
√ Les Amis du Moulin de la Flagère : 37 rue Gustave Flaubert 14370 Argences. Contact : Alain Ballon – 02 31 23 03 24 – 06 22 36 34 28 – ballon. alain@wanadoo.fr
L’histoire de ma vie de moulin
Moi, le moulin de la Flagère, je tiens à vous raconter mon Histoire. J’ai été bâti, au cours du douzième siècle, suite aux besoins des Templiers, qui se trouvaient à la « préceptorie » de Corval, située sur la commune de Vassy. Un étang, creusé par la main de l’homme et muni de vannes servait de rétention d’eau et permettait de réguler le débit d’entrée et de sortie de l’eau en fonction des besoins du meunier. J’oubliais ! J’ai reçu tout un ensemble, d’engrenages, de meules et de courroies ; et pour couronner le tout, deux magnifiques roues à aubes « en bois » qui étaient mues par la chute d’eau en provenance de l’étang. Après avoir entraîné mes roues, l’eau repartait par un coursier, repassait par un petit sous-terrain et rejoignait la rivière. Je ne vous ai pas dit non plus ? Les deux roues à aubes, avaient deux fonctions différentes. L’une entraînait ma grande meule, à moudre le blé ; et l’autre, plus petite, servait à moudre l’avoine et l’orge.
Depuis des temps immémoriaux, j’ai connu bien des vicissitudes. Vers 1314, suite à la décision de Philippe IV Le Bel, je me retrouvais être la propriété des Hospitaliers, ce qui ne changea pas beaucoup de choses. Ma première blessure, ce sont les Anglais qui me la causèrent, au cours de la guerre de cent ans. Pendant la deuxième guerre mondiale, les parents et grands parents de Liliane, ont habité en mes murs, et des choses étranges se sont passées autour de moi. Des chars allemands, se sont cachés sous la frondaison des arbres qui m’entouraient, j’ai même vu un avion allemand s’écraser tout près. Par la suite, le grand père de Liliane, a abrité des soldats Anglais et Canadiens. Voilà environ trente ans, lors d’une tempête un peu plus forte que d’autres, celle-ci a déraciné un gros arbre centenaire qui dans sa chute, est venu détruire entièrement ma toiture.



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