A Vire, le dispositif d’hébergement d’urgence pour femmes battues a sauvé Camille
Maltraitée, battue, humiliée pendant plus de dix ans, Camille* s’est sortie de l’enfer voilà deux ans. Sans aucun bagage, avec ses deux enfants, après trois mains courantes déposées à la gendarmerie et des mois de réflexion, elle décide un jour de quitter le domicile familial. Son choix est mûrement réfléchi et a trouvé écho à l’association l’Étape, qui a mis en place un dispositif d’hébergement d’urgence pour tout l’arrondissement de Vire.
S’il n’y avait pas eu le dispositif de l’Étape, je ne serais jamais partie de chez moi, et je serais peut-être morte. » Camille a des mots forts pour raconter la façon dont elle s’est sortie de son calvaire. Aussi forts sans doute que les coups qu’elle a reçus pendant plus de dix ans. Des coups sur le dos, les bras, le corps, sur la tête et aussi dans la tête. Car, la violence faite aux femmes peut ne pas être que physique.
À l’Étape, association viroise qui a mis en place un dispositif d’hébergement d’urgence, et tout un réseau d’aide et d’accueil, on en sait quelque chose. « Ce n’est pas tout à fait vrai de dire « femmes battues ». Une femme battue, c’est presque horrible à admettre, mais c’est facile. Il y a un coup, une trace, on constate et l’affaire peut se régler. En cas de maltraitance morale, de pressions psychologiques ou économiques, ça devient beaucoup plus compliqué. »
Camille, elle, a eu comme elle le résume « la totale ». « C’était de la violence physique, psychologique et économique. »
Il maltraitait aussi son fils
Tombée sur un « pervers manipulateur narcissique », elle ne compte plus le nombre de bleus ou d’humiliations qu’il lui a infligés en dix ans. « Si je devais raconter tout ce que j’ai subi, on ne me croirait pas tellement c’est horrible. On est réduit à néant, à rien. On croit qu’on n’y arrivera jamais. Il m’a éloigné de ma famille et de mes amis, sauf une seule, qui ne pouvait que me soutenir au coup par coup, en cas de crise. Mais je revenais toujours à la maison, parce que j’avais peur. »
Broyée de l’intérieur, Camille trouve le salut dans ses enfants. Elle a en effet un fils et une fille, impliqués et témoins de ces violences conjugales. « Il ne supportait pas son fils. Il le maltraitait aussi, le soulevait par le col à travers la pièce et le jetait sur sa chaise. Mais il n’a jamais levé la main sur notre fille. »
C’est pour son aîné que Camille réagit. « Je ne pouvais plus supporter qu’il tape sur mon fils. »
Elle se sensibilise seule, après avoir vu une émission à la télévision et pris conscience que « oui, c’était bien moi que je voyais là, dans ce reportage sur les femmes battues ». Elle tape sur internet, trouve le numéro du CIDFF et du CDAD (Centre départemental d’accès au droit), lequel la conseille, la guide et la renvoie à l’Étape.
Lire la suite dans La Voix le Bocage du 27 janvier.

Sans l'hébergement d'urgence, Camille n'aurait jamais pris la décision de partir.


